Chiang Mai en 3 jours
comment explorer la ville en solo
Après l’effervescence de Bangkok, l’idée de poser mes valises quelque part de plus doux me tentait bien. Chiang Mai est vite apparue comme une évidence pour cette première étape du pays.
Nichée dans les montagnes du nord de la Thaïlande, la ville s’est imposée ces dernières années comme une référence pour les voyageuses solo — et pas seulement pour ses centaines de temples. C’est aussi une capitale mondiale du digital nomadisme : les cafés au wifi impeccable se comptent par dizaines, parfaits pour poser son ordinateur entre deux visites.
Autant dire que Chiang Mai avait tout pour devenir mon sas de décompression, avant de repartir explorer le reste du nord du pays.
Le train de nuit Bangkok – Chiang Mai : mon baptême du rail thaï
Pour rejoindre Chiang Mai depuis Bangkok, j’ai opté pour le train de nuit plutôt que le bus, clairement influencée par ce que j’avais vu passer sur les réseaux sociaux.
Mais arrivée à la gare, il y a des évidence qu’on ne peut pas louper comme celle qu’une gare thaïlandaise ne se présente pas du tout comme chez nous. Du hall principal, impossible d’apercevoir le moindre rail ou wagon, seulement des tourniquets équipés de lecteurs de QR code, et une food court où je patiente avec un café en attendant l’heure d’embarquement.
Le moment venu, je suis le flot de voyageurs jusqu’à un ascenseur et une fois dedans, impossible de dire si nous montons ou descendons pour rejoindre le quai. Mais le train est bien là. Mon wagon se trouve au début du convoi, et les couchettes sont déjà installées, chacune montée en duo. J’ai la 18, je me retrouve avec Monsieur 19 pour voisin.
Deux choix s’offrent à nous : la couchette du haut, un peu à l’étroit et sans fenêtre qu’on peut surnommer le paradis des claustrophobes, ou celle du bas, avec vue sur la campagne qui défile. Je préfère évidemment la fenêtre. Sans trop savoir comment négocier, je regarde mon co-couchetteur : il me propose spontanément de prendre le haut. J’accepte sans hésiter la couchette fenêtre, un peu soulagée !
Le train s’ébranle. Il fait déjà nuit depuis deux heures, et les lumières de Bangkok s’éloignent lentement derrière la vitre. Le sommeil, lui, met du (beaucoup) temps à venir mais la fatigue aura raison de moi au petit matin.
Le réveil s’est fait aux aurores, alors qu’on était encore dans la campagne thaïlandaise, avec un ciel qui commençait à se colorer de rose et d’orangé. À la sortie de la gare, une cohorte de tuk-tuks et de véhicules partagés attend déjà les voyageurs et le contraste avec le calme du voyage est saisissant.
C’est le tout début de mon tour du monde et ma timidité occupait encore une place de choix dans mon backpack.
Je n'ai pas osé demander le prix (et négocier ? même pas en rêve!) aux taxis collectifs (songthaews) pour rejoindre mon hôtel, et je me suis rapidement retrouvée seule à la gare alors que tout le monde disparaissait.
Alors j’ai pris une décision de « débutante » : 45 minutes de marche sous la chaleur, chargée de mes sacs, dans des rues presque désertes en raison de l’heure matinale. J’essaie de voir le bon côté de cette flânerie subie en observant les bâtiments, tout en me répétant toutes les cinq minutes « c’est la dernière fois ! » — ce qui, pour être honnête, ne sera pas tout à fait vrai ! elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
Conseil solo : réserve ton billet de train de nuit plusieurs jours à l'avance, les couchettes côté fenêtre partent vite, surtout en haute saison. Et repère ta couchette dans le train, le numero est noté sur le rideau d'intimité.
Jour 1 : Se repérer, ralentir et s’émerveiller dans la vieille ville
Surnommée « La Rose du Nord », Chiang Mai a gardé une âme de village, surtout à l’intérieur des remparts de la vieille ville. Ici, on compte plus de 300 temples. Autant dire qu’il est impossible de tout voir !
Ma sélection de temples à Chiang Mai
Parmi ce que j’ai pu visiter, voici ma sélection pour une journée de spiritualité sereine :
Wat Chedi Luang, le géant de brique
C’est mon premier coup de cœur. Ce temple est un symbole de l’ancienne puissance du royaume de Lanna avec son chédi en briques, abîmé par un grand séisme en 1545.
Ce chédi n'a pas toujours été une ruine majestueuse. De 1468 à 1551, il a abrité le Bouddha d'Émeraude, la relique la plus sacrée de Thaïlande. C'est justement le séisme de 1545, qui endommagea le sommet du chédi, qui poussa les autorités à le mettre en sécurité — direction Luang Prabang d'abord, puis Bangkok, où il trône aujourd'hui au Wat Phra Kaew. La pièce la plus précieuse du pays est donc passée, un temps, juste ici, sous ce même ciel de Chiang Mai.
Wat Phra Singh, l’éclat de l’or
C’est l’un des plus vénérés de la vieille ville et peut être aussi l’un des plus dorés. Ne manque pas les statues de moines en cire à l’intérieur : elles sont si réalistes que je me suis faite avoir ! J’ai adoré également le jardin parsemé des messages de sagesse bouddhique accrochés aux arbres. Une véritable invitation à ralentir et à l’introspection.
Wat Chiang Man, mon havre de paix
A deux pas de mon hôtel, c’est le plus vieux temple de la ville et sûrement le plus paisible de mon point de vue. Ce que j’aime par-dessus tout c’est son parc où trône le Chedi aux éléphants.
Conseil solo : Si tu as besoin de faire le vide ou juste te poser en attendant que la chaleur retombe, c’est l’endroit parfait. Pose-toi à l’ombre d’un arbre pour lire, méditer ou écrire dans ton carnet de voyage.
Wat Sri Suphan, le temple d’argent coup de coeur
Situé juste en dehors des remparts, ce temple est mon gros coup de cœur. Tu le trouveras au cœur du quartier traditionnel des orfèvres/argentiers. En y arrivant, tu comprends vite que c’est autant un lieu spirituel qu’un symbole d’artisanat local, avec ses panneaux d’argent et de zinc finement ciselés.
Ici, tu te promènes au son des marteaux des moines qui travaillent le métal, ce qui donne au lieu une ambiance particulière.
Attention aux voyageuses : l’accès à l’intérieur du bâtiment principal et strictement interdit aux femmes par tradition religieuse. L’entrée est payante, mais tu es accueillie avec un sourire magnifique… et une petite bouteille d’eau qui fait franchement plaisir quand il fait chaud.
Pour finir la journée en douceur
Après cette journée pleine de spiritualité, direction le Kalare Night Bazaar. Situé à dix minutes à pied de l’incontournable Tha Phae Gate, c’est un labyrinthe d’étals de souvenirs et de food court, idéal pour déguster les spécialités thaïlandaises, dont le Khao Soi, tout en regardant un spectacle de danse traditionnelle.
Jour 2 : Spiritualité et lever de soleil sur les sommets
Si le premier jour était dédié à la douceur de la vieille ville, ce deuxième jour demande un petit effort de réveil… mais promis, ça en vaut la peine.
A l’assaut de la montagne qui surplombe la ville.
Lever de soleil au Doi Suthep (Wat Phra That)
J’ai mis mon réveil à 4h00. Oui, ça pique, surtout qu’après un peu de car, on arrive au pied d’un escalier bordé de magnifiques rampes en forme de serpents Naga de 306 marches ! Mais ce réveil tonique te prépare à l’émerveillement que tu découvriras en arrivant.
Le Wat Phra That Doi Suthep est un haut lieu de pèlerinage, bâti à l’endroit même où est mort un éléphant blanc portant une relique du Bouddha, ayant grimpé la montagne. Avant l’aube, les dorures et richesses du lieu brillent dans la nuit noire, sous un éclairage qui donne au stupa une aura presque surnaturelle. Et pour ajouter une dimension supplémentaire, le silence n’est rompu que par le chant des moines et les rares fidèles à cette heure si matinale.
Quand le ciel commence à s’éclaircir, il est temps de se promener sur les esplanades qui surplombent la vallée de Chiang Mai pour assister à un des plus beaux levers de soleil.
L’émotion monte encore d’un cran avec la participation à la cérémonie des offrandes (Tak Bat). À la lueur du petit jour, les moines sortent pour recevoir les offrandes des fidèles et touristes qui participent à cet échange digne et silencieux.
Wat Pha Lat, la pépite cachée
Contrairement au Doi Suthep qui brille de mille feux, ici les éléments naturels sont les matériaux de ce temple authentique, niché au bord d’une cascade. C’est un lieu beaucoup moins touristique, chargé d’une énergie sereine qui invite à la méditation.
Wat Umong, le temple des tunnels
Vieux de 700 ans, ce temple est unique : on déambule dans les tunnels sous le chedi, comprenant un réseau de passages avec de petites alcôves et des Bouddhas.
Comme à Wat Phra Singh, ne manque pas les « talking trees » : ces pensées bouddhiques suspendues aux arbres invitent à ralentir une dernière fois avant la fin de la journée.
La douceur des jardins de Chiang Mai
Profite de la fin de journée pour te poser dans le joli jardin comme celui du Fern Forest Café, et prendre un rafraîchissement. Pour le dîner, pourquoi ne pas essayer un green curry légèrement épicé ? Pour en savourer un fabuleux, rendez-vous au Fahtara Coffee. Ici aussi tu pourras dîner dans un joli jardin aussi discret que paisible, avec sa roue à eau.
Jour 3 : Entre chaos urbain et tradition ancestrale
Pour mon dernier jour ici, impossible de passer à côté des « spécialités locales ».
Le tourbillon du Warorot Market
Je commence dans le ventre de la ville au Warorot Market. C’est labyrinthe d’étals en tout genre où se mêlent couleurs, odeurs et cris des vendeurs.
A côté, on passe à la douceur avec le Ton Lamyai, le marché aux fleurs avec ses guirlandes d’offrandes et compositions.
Mais mon objectif du jour est de sortir de la ville pour m’échapper découvrir un artisanat ancestral de la région.
Bo Sang : Le village des ombrelles
Pour finir ces 3 jours ici, je m’échappe à 10 km de Chiang Mai pour Bo Sang. Ici le bruit laisse place au silence et le temps fait un bon dans le passé. On y fabrique des ombrelles en papier de mûrier (Sa Paper) depuis des générations.
A Bo Sang Umbrella Village, on peut observer ces femmes artisanes manier le bambou et le papier avec une dextérité presque hypnotique. Un savoir-faire ancestral qui se construit dans le temps et une patience que j’envie !
Conseil solo : pour y aller, c'est une véritable aventure. Les songthaews (taxis collectifs) partent normalement près de Warorot, mais ils sont difficiles à trouver pour ce trajet précis. Commande un Grab, c'est beaucoup plus simple, même si le trafic peut être capricieux à l'aller comme au retour.
Dernière soirée
Ma dernière soirée se terminer au Chang Phuak Night Market, un marché nocturne quasi 100% food et fréquenté exclusivement par des locaux. Les stands parfois alléchants ou étonnants se succèdent. Il suffit de commander et de s’asseoir à une des petites tables dressées en toute simplicité pour ce régaler en observant les allées et venues des autres gourmands.
Mon bilan de voyageuse solo en Thaïlande
Trois jours, c’est suffisant pour une première découverte de la ville : la vieille ville et ses temples, un vrai bol d’air nature du côté de Doi Suthep, les marchés qui grouillent de vie, et un aperçu de l’artisanat local à Bo Sang. De quoi repartir avec l’essentiel, sans se presser.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est à quel point Chiang Mai est une des villes les plus « safe » que j’ai traversées en solo : on peut sortir le soir sans crainte particulière, et la bienveillance locale se ressent partout. C’est aussi, sans grande surprise, un paradis pour digital nomades avec des cafés au wifi impeccable, parfaits pour poser son ordinateur entre deux visites de temple.
Durée idéale : 3 jours suffisent pour une première approche complète (vieille ville, marchés, sortie nature, quartier plus moderne).
Depuis Bangkok : tu as l’embarras du choix. Environ 10h30 en bus, 1h15 en avion, ou le meilleur compromis prix/confort — le train de nuit, une vraie aventure en toute sécurité. Réserve ton billet à l’avance, les couchettes partent vite.
Où loger : la Old City si tu veux tout faire à pied, Nimman si tu préfères cafés et confort moderne.
Sécurité : aucune inquiétude particulière, garde simplement tes réflexes de base.
À éviter : la Smoky Season (février à avril), à cause des brûlis qui polluent l’air.
Tenue pour les temples : épaules et genoux couverts obligatoires. Mon astuce : un sarong léger toujours dans le sac, et des chaussures faciles à enlever.
Réservations : pense à réserver à l’avance si tu envisages un cours de cuisine ou une excursion comme le lever de soleil à Doi Suthep.
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