Le jour où j'ai tout quitté pour voyager seule à 47 ans (et pourquoi c'était la meilleure décision)

Je n’ai rien de particulier ou de plus que les autres et pourtant je suis partie faire mon tour du monde de quelques mois à 47 ans. 

Pendant des années, ce rêve est resté caché derrière mille raisons : mes enfants, ma mère vieillissante, mon CDI confortable… Il m’a fallu un choc pour comprendre que le plus grand risque n’était pas de partir, mais de rester.

Je ne vais pas le cacher : je me sens totalement en marge des principes établis dans ce monde actuel. Faire un tel voyage à mon âge est, sous certains aspects (professionnels essentiellement), plutôt mal vu encore aujourd’hui.

Mais je ne vais pas non plus faire durer le suspens… Si c’était à refaire ? Je le referai sans hésiter (avec peut-être une meilleure préparation quand même ;-)).

Le jour où tout a basculé 

Une vie ordinaire  

Si tu as regardé ma bio, tu sais que j’étais mère isolée avec 2 enfants. Alors dans cette situation, on range ses rêves les plus fous, on les met au fond de l’armoire en essayant de les oublier et on fait le nécessaire pour assurer le quotidien et l’épanouissement de sa progéniture chérie – qui ne le rend pas toujours bien (ça te parle ?) !

Et puis les enfants grandissent et de mon côté, je me suis enfermée dans un quotidien tourné uniquement vers mes filles, mettant tout en oeuvre pour qu’elles deviennent des femmes libres et accomplies, sans trop de complexes, ni séquelles d’une image masculine que je vais qualifier de très dégradée malheureusement.

Pendant ces années, je n’ai pas ménagé ma peine sur des postes en ressources humaines passionnants et rémunérateurs, mais très énergivores. A nous trois, nous traversons les années ponctuées de petites joies, grands bonheurs, disputes – enfin le quotidien. 

Le temps passe, mais je n’ai pas oublié ce que j’ai essayé de cacher dans l’armoire… De temps en temps d’ailleurs, ça se fait entendre, mais ma raison prend le dessus : impossible tant que les filles ne sont pas autonomes, impossible, car ma mère commence à vieillir, impossible de lâcher le travail et une rémunération confortable, impossible parce que j’ai le crédit de l’appartement, impossible puisque je suis seule, impossible, impossible, impossible… j’ai mille raisons pour que ce rêve reste caché.

 

Le Jour où mon Corps m’a dit STOP

À y réfléchir, j’aurai peut-être dû écrire : deux jours, un déclic.

Quand ton corps te rappelle que tu dois prendre soin de lui et que n’as plus vingt ans.

Workaholic et dévouée à mes tâches et mon employeur, je n’ai vraiment jamais écouté ce que mon corps m’envoyait comme signaux. Pourtant, je t’assure qu’au cours de ma dernière expérience professionnelle, il a parlé à plusieurs reprises : maux de dos, blocages, sciatiques,… Est-ce pour autant une raison de remettre en cause mon rythme ? Aucunement, car l’enjeu est pour moi trop important : le confort de mes enfants. 

Mais ce corps, qui avait tenu bon jusque-là, n’est plus en accord avec ma vision des choses et a donc décidé d’envoyer un vrai signal pour enfin me poser.

C’est ainsi que j’ai eu mon plus long arrêt de travail de ma carrière et un traitement au long cours identique à celui de ma mère de 82 ans. Et là, ça a été un choc en pleine figure !

Comment je m’étais retrouvée là, avec une santé fragilisée et similaire à celle d’une personne vaillante, mais somme toute âgée et qui a des capacités physiques diminuées ? Est-ce qu’il était possible que je continue ainsi ? Combien de temps encore j’allais pouvoir tenir ? Comment va évoluer ma santé ? Quel sens devait prendre ma vie sachant que bientôt mes enfants n’auront plus besoin de moi ?

Ce lourd signal et cet arrêt m’ont amenée, enfin, à prendre le temps de réfléchir et analyser ce qu’était ma vie et surtout si j’envisageais l’avenir comme le passé ? Les filles ayant grandi, était-ce toujours nécessaire de faire un job qui n’est pas forcément le plus épanouissant pour combler mes aspirations personnelles, même si elles ne sont pas encore autonomes ?

Il suffit qu’on t’ouvre les yeux

Le point d’orgue de ce déclic : mon dîner avec Marie Hélène. Cela fait peu de temps qu’on s’est rencontrées, on apprend à se connaître, mais je sais au fond de moi qu’une amitié sincère est en train de se lier pour partager un bout de chemin. Alors, au cours du repas, on échange sur nos parcours, nos doutes, nos envies,… Quand j’en viens à ouvrir la boîte de Pandore : mon rêve est de faire un tour du monde.

Ce que j’aime chez Marie Hélène, c’est qu’elle ne prend pas de détour pour dire les choses. Et quand elle me demande ce qui m’empêche de partir, je lui sors ma liste de raisons qui sont tout à fait valables à mes yeux… mais seulement à mes yeux !

Alors elle m’invite à faire un pas de côté, voire deux ou trois, pour me faire prendre conscience qu’aucune de mes raisons n’est valable. Ma mère âgée ? Même avec des petits problèmes de santé liés à l’âge, aujourd’hui elle est autonome. Mes enfants ? Elles ont quitté le nid depuis un an maintenant, poursuivent leurs études en alternance et doivent apprendre à se débrouiller par elles-même. Le travail ? Il me satisfait à 100% à priori non car j’en suis tombée malade… 

Chaque argument a trouvé sa réponse pour me faire prendre conscience qu’il était tant de m’occuper de moi et qu’attendre n’assure pas de trouver le moment parfait. D’ailleurs, ça peut même être le contraire, le temps faisant son œuvre. 

C’est de ces deux événements que j’ai pris la décision de ressortir mon rêve planqué depuis si longtemps et de l’envisager comme un possible. 

Petit message personnel : je ne dirai jamais assez merci à cette femme extraordinaire !

Du rêve à la réalité 

Rendre les choses tangibles

Je suis ce qu’on appelle une touche à tout (d’autres parlent d’instable ou de multi potentielle), voyant la plupart du temps des opportunités dans le quotidien. J’ai mille projets dans ma tête, en ai démarré des centaines, sans qu’aucun aboutisse. Mais quand l’envie est là, je me jette à corps perdu dedans et il n’y a presque plus que ça qui compte, avant de passer à une autre envie deux semaines plus tard. 

Mais avec ce rêve, il n’en est rien, car même si je le vois comme un nouveau projet, je sais aussi que c’est l’aventure d’une vie. D’ailleurs, j’ai déjà fait deux petites tentatives de voyage seule pour me préparer à ce moment et ça a été plutôt réussi, même si je ne voulais pas avouer que je me préparais déjà à ce moment-là.

Et c’est toujours plein de doutes, à me demander si c’est une bonne décision ou non de me lancer dans ce projet, que je commence à y réfléchir vraiment sérieusement et à rêver de mes futures destinations.

L’annonce

Après voir observé la faisabilité, quand je m’engage sur quelque chose auquel je crois, je ne recule jamais. C’est une de mes caractéristiques qui m’oblige à avancer, même la peur au ventre de prendre de mauvaises décisions. Mais on ne sait jamais à l’avance si la décision est mauvaise ou non, n’est-ce pas ? On prend la décision qui nous semble la meilleure avec notre connaissance de l’instant et l’imaginaire du futur.

C’est ainsi que dans l’ordre, je l’ai annoncé à :

    • Mes enfants. Je ne m’attendais pas à ce qu’elles expriment leur bonheur de me voir enfin penser à moi.

    • Mon employeur qui savait que je me posais beaucoup de questions depuis un certain temps sur mon travail et mon épanouissement. Poliment, il me promet qu’à mon retour il y aura toujours une place pour moi.

    • Ma mère qui ne comprend absolument pas ma décision et mon besoin d’aller dans des pays inconnus où il y a, selon elle, des problèmes de sécurité. Je cherche vraiment les ennuis… petit décalage générationnel

    • Mes amis qui pour ceux qui, pour ceux qui me connaissent bien, ne s’attendaient pas à ça mais n’étaient pas non plus surpris que je puisse tout lâcher ainsi

Ça, c’est la version sympa. Car dans le lot, il y a eu aussi quelques critiques, des mots prononcés comme “insouciance” alors que de mon point de vue, il n’y a rien de non réfléchi dans ce projet. Des remarques déplacées comme celle où on me dit que je ne fais pas le tour du monde parce que je ne vais pas en Australie, ce à quoi j’ai précisé que je ne faisais pas le tour de tout le monde mais que j’allais aux endroits qui me plaisaient, dans mon budget. 

Et puis les gens, même bienveillants, te transmettent leurs peurs, leurs craintes. C’est normal, mais il faut savoir les filtrer.

Un révélateur de personnalité 

Changer de paradigme pour arrêter d’être ce qu’on attend de moi

Bien évidemment, les mots “chance” et “courage” sont revenus très régulièrement, deux notions auxquelles je ne crois pas. Dans ce projet, la chance n’est pas un facteur mais la détermination (de me soigner, de m’épanouir, de prendre soin de moi) est déterminante. Quant au courage, nous en avons tous notre lot dans le quotidien de faire face à des événements ou situations inattendues. Finalement ce n’est que la continuité de l’existence que de faire des choix bouleversants pour sa vie.

Ce qui est certain c’est que l’annonce a fait bouger quelque chose en moi, comme une lumière qui s’allume et qui éclaire le fait qu’enfin je centre mon regard sur moi et sur le reste de ma vie. C’est assez libérateur je dois dire, même si les réminiscences de ce que la société attend de vous sont toujours là par moment : une mère disponible et attentive, une employée engagée, une fille présente. Mais ce voyage est l’occasion de faire une pause dans ce principe de vie et de voir celle que je suis et non pas celle qu’on attend.

Et cerise sur le gâteau à laquelle je ne m’attendais pas, ma santé s’est améliorée et j’ai pu arrêter mon traitement au bout de quatre mois !

Quelques mois pour tout organiser 

Je ne sais pas me projeter sur du long terme et j’aime l’urgence. Mais là, je savais qu’il fallait que je fasse un petit travail sur moi pour que le départ se fasse dans de bonnes conditions et que l’anticipation serait un facteur clé de réussite.

Alors,  je décide de m’organiser sur le papier à 4 mois du départ (que j’imagine en début d’année). Pour tout dire, ça n’a pas été super simple. Il y a beaucoup de ressources avec des bribes d’informations ou de conseils et je me suis retrouvée à avoir des informations de partout : sur un cahier, des pages volantes, en note dans mon téléphone, en tableur excel,… Le projet se construisait et devenait factuel mais dans tous les sens, comme mon esprit.

Mais cette organisation me ressemblait, même si me structurer un peu plus m’aurait sans doute permis d’être plus efficace dans ma gestion du temps et du stress qu’implique une telle décision. Et pour le stress, on ne se connait pas encore mais j’ai mon lot de facteurs aggravants : arriver en retard ou me tromper d’adresse sont deux angoisses que je ne comprends toujours pas ; ne pas trouver d’emploi est sans doute ma plus grande inquiétude car rester sans rien faire m’est impossible (et à ce moment là, je n’avais jamais remarqué que les moments où je reste sans rien faire sont assez rares).

Organiser un tour du monde, c’est une succession de moments où le départ est trop loin dans le temps ou trop proche et où on a l’impression qu’on n’aura jamais fini de tout organiser avant le départ ! Mais c’est aussi comme ça que je marche, avec l’adrénaline.

Apprendre à lâcher prise

Je vous ai parlé de mes angoisses, mais est-ce que je vous ai dit que je dois toujours être en contrôle de tout, avec des stratégies B et C si ça ne marche pas comme je le souhaite ? Et oui, dans ma vie, je n’ai jamais douté qu’il y ait toujours une solution et je me suis aussi toujours abstenue de me générer des frustrations ou des regrets car je ne supporte pas l’échec. 

Et pourtant… même au cours de la préparation du voyage, j’ai dû faire face à des situations qui pour moi sont des échecs difficiles à accepter : renoncer à des destinations, ne pas pouvoir assister à une fête exceptionnelle dans un pays, ne pas pouvoir vivre toutes les expériences incroyables qu’on souhaite faire… En tout cas, pas dans ce voyage.

C’est une réalité qui pour moi a été assez difficile à gérer, mais une réalité quand même  ! Et face à elle je n’avais pas de solution et je devais ainsi l’accepter. Le travail de lâcher prise commence dès la préparation et je ne savais pas à quel point j’allais être challengée au cours de mon aventure pour enfin accepter qu’on ne maitrise pas tout et que c’est très bien ainsi.

 Si moi j’ai pu, toi aussi

Comme tu as pu le lire, je suis quelqu’un de tout à fait ordinaire, sans super pouvoirs ni courage exceptionnel. Une femme de 47 ans qui a simplement décidé d’écouter ce qui criait en elle depuis trop longtemps. J’ai arrêté d’attendre le moment parfait et j’ai simplement désobéi à toutes mes peurs..

Et si aujourd’hui je t’écris depuis La Paz en Bolivie, c’est pour te dire que ce qui te semble impossible ne l’est peut-être pas tant que ça. Ton rêve à toi, c’est quoi ? Un tour du monde, trois semaines au Vietnam, un mois en solo en France… peu importe l’ampleur, ce qui compte c’est d’oser l’envisager.

Peut-être que toi aussi, tu as une armoire où dorment tes rêves. Peut-être que toi aussi, tu te trouves mille raisons valables de ne pas te lancer. Je les connais, ces raisons. Je les ai toutes eues.

La différence entre avant et maintenant ? J’ai décidé d’arrêter d’attendre le moment parfait. Parce que spoiler : il n’existe pas.

Alors aujourd’hui, je te pose la question : et si c’était maintenant, ton moment ?

💭 Ton tour maintenant

Raconte-moi dans les commentaires : C’est quoi ton rêve caché au fond de l’armoire ? Et qu’est-ce qui t’empêche (vraiment) de le sortir ?

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