A plus de 40 ans, comment voyager seule m'a libérée de ma peur de manquer

La peur du manque (temps, argent, opportunités) est souvent le dernier verrou entre nous et nos rêves. Voici comment mon tour du monde en solo l’a fait sauter.

On croit généralement que la peur protège. Moi, elle m’a surtout enfermée.

Peur de manquer d’argent, de temps, de stabilité… Ces angoisses m’ont poussée à construire une vie solide. Une maison bien rangée, un travail bien tenu, des enfants bien accompagnés. Tout allait bien en apparence.

Me lancer dans un voyage solo me semblait donc inenvisageable car c’était prendre la décision d’affronter des peurs les plus solidement ancrées. La raison parfaite pour ne pas passer à l’action était toute trouvée ! .

Alors, pendant des années, ma peur a pris le contrôle de ma raison. Elle m’a installée dans une vie que je pouvais qualifier de stable mais j’en étais arrivée à me cacher derrière cette illusion de vie établie, et, en y regardant de près, je ne manquais de rien… sauf de l’essentiel : moi-même.

Mais il y a des âges où la remise en question s’impose, souvent autour de la quarantaine. C’est le moment où l’on regarde derrière soi et où l’on se demande : “Et maintenant ? Est-ce que c’est vraiment la vie que je voulais ?”

Évidemment que non. Il me manquait l’essentiel : l’accomplissement personnel. Celui qui me permet de me regarder dans le miroir sans le regret d’avoir laissé mon rêve de voyage de côté. Il était temps de reprendre mon histoire en main.

Le déclic  : quand le corps te force à te choisir 

Les alertes ont longtemps été là, mais je ne voulais pas les voir.

Maman solo, cadre à responsabilité, mon quotidien était une course H24 : sur la route, dans les bureaux, à résoudre les problèmes des autres. Ma priorité a toujours été les autres, mes enfants d’abord.

Mon corps a bien su exprimer des alertes pour me recentrer sur l’essentiel, mais je ne l’ai pas écouté. La priorité n’a jamais été le Soi. Puis un jour, c’est un vrai stop, celui qui finit par te clouer au sol pour t’obliger à écouter. Et voilà, il a fallu que je tombe vraiment malade, jusqu’à devoir m’arrêter net. Mon être s’est mis en pause pour que je me décide, enfin, à réfléchir au sens de ma vie. C’est à ce moment-là qu’une petite voix, qui s’était tue pendant longtemps, a décidé de se faire à nouveau entendre : “Un jour, tu feras le tour du monde”.

Sauf qu’à force de dire “un jour”, j’étais en train de laisser ce rêve mourir doucement. 

La décision s’est alors imposée avec une grande limpidité. J’avais vécu l’illusion du confort et de ne manquer de rien, mais avec toujours la peur au ventre que ça s’arrête. Et dans tout ça, je m’étais éloignée de l’essentiel : vivre maintenant, accomplir mon rêve de voyage sans attendre qu’il ne soit trop tard. 

Une fois cette décision prise, il fallait affronter ce qui était tapis dans l’ombre de mon ancien confort : les peurs.

Voyager seule, c’est apprendre à manquer par la thérapie du sac à dos

Le manque qui libère

On est habitué à s’entourer d’un nombre incalculable d’objets dans notre quotidien. Faire mon sac fut un choix cornélien. Quels sont les essentiels dont je ne peux pas me passer ? Bien sûr, il y avait les habits, les chaussures… Mais vous savez ce qui m’a fait le plus mal ? Laisser ma machine à café derrière moi !

Sans blague, je m’étais attachée à des objets qui me donnaient l’illusion d’être indispensables et partir sans a été au début un véritable arrachement. Et puis, peu à peu, c’est une révélation. Quelques mois après mon départ, non seulement je n’y pense plus, mais je me rends compte à quel point on a la capacité de se contenter de peu quand le quotidien est exaltant. Cet apparent manque m’a fait prendre conscience que les objets auxquels j’accordais tant d’importance compensaient en réalité mon manque d’accomplissement et de liberté.

Lâcher la maîtrise, gagner en confiance

Vivre avec 13 kilos d’affaires personnelles m’a aussi appris qu’on ne peut pas tout prévoir. Même avec la meilleure des préparations, j’ai dû faire face à des situations que je n’avais pas anticipées (des chaussures de randonnée trempées pendant des jours, un bus en retard, un imprévu logistique…). Et vous savez quoi ? J’ai toujours trouvé la solution sur place.

C’est à partir de ce moment que l’on commence à vivre vraiment : on retrouve ses yeux d’enfant, on s’émerveille de solutions simples. Ne pas tout maîtriser n’a rien de grave. C’est même un cadeau qui redonne sa place à la confiance en soi, force à prendre les choses comme elles viennent et à leur redonner l’importance qu’elles méritent et à développer la débrouillardise.

La solitude: un espace pour devenir Soi

Sans comprendre d’où cela vient, voyager solo suscite chez les autres soit l’admiration (« quel courage ! »), soit la pitié (« elle doit être seule… »). Le secret, c’est qu’il n’y a ni courage, ni dépression dans le fait de partir seule.

Briser la Convenance du « Ça Va Bien »

En quittant notre univers, on s’éloigne surtout du rôle social que l’on se doit de jouer au quotidien. Combien de fois n’as-tu pas répondu « ça va bien » à un collègue ? Sur la route, tu ne joues plus aucun rôle. La solitude est une toile de fond qui permet de ne plus faire semblant. Tu n’es plus la collègue, la maman ou la femme qui gère tout. Tu es juste toi, sans étiquette, sans le statut qui t’oblige à être la personne qu’on attend que tu sois.

Devenir Disponible pour les Autres et pour soi

Une fois que tu as franchi le pas, tu découvres rapidement que voyager seule, ce n’est pas se couper des autres, mais c’est d’abord la présence à soi. Et c’est au moment où cette évidence surgit à toi, que tu deviens accessible et disponible pour les autres. Et la magie, si on peut l’appeler comme ça, opère : les gens viennent vers moi parce que je deviens plus ouverte, curieuse, disponible et tout ça sans m’en rendre compte. Mais ce que tu verras, c’est le sourire échangé, le repas partagé ou le bout de chemin le temps d’une excursion ou plus avec cette personne qui t’était étrangère il y a encore quelques heures.Ces instants fugaces te remplissent bien plus qu’une relation entretenue par habitude ou obligation.

Tu réalises alors que le manque de l’autre n’est pas un vide, mais un espace où tu te retrouves enfin entière.

Quant au manque de ces proches ? Bien évidemment, chacun le vit à sa manière. Mais la phase de préparation a été déjà déterminante sur ce point. Tout le monde a été préparé à une période d’absence physique. Mais nous vivons à une époque formidable où la technologie nous permet au quotidien (ou presque) d’être en relation avec nos proches : téléphone et wifi, un combo gagnant pour partager avec les autres, tout en ayant fait le choix de vivre pour soi.

Le manque de temps : l’horloge remise à zéro

La lenteur, nouvelle philosophie de vie 

Combien de fois j’ai pu dire : “je n’ai pas le temps” ? Et bien aujourd’hui, cette phrase ne fait plus partie de mon vocabulaire.

Ce voyage m’a fait prendre conscience du non sens de ces mots : le temps n’est pas quelque chose qu’on a — c’est quelque chose qu’on vit.
Et ce que tu vis, c’est ce à quoi tu donnes la priorité. En parcourant les kilomètres, l’horloge se remet à zéro chaque jour et tu décides consciemment d’accorder du temps à ce que tu veux vraiment. Le temps prend alors une autre dimension où il devient un bien précieux que l’on considère à sa juste valeur. On apprécie le moment présent, celui où l’on prend conscience que l’on vit ici et maintenant.

Quand les aléas deviennent des trésors

La lenteur est une nouvelle notion qui s’insinue dans mon quotidien de voyageuse. Tu acceptes de ne pas tout maîtriser, tu apprends à accueillir ce qu’il y a et c’est à cet instant que la vie te récompense.

Le bus en retard devient une pause qui te permet d’observer ce qui t’entoure. La pluie, un prétexte pour découvrir un café dans lequel tu ne te serais pas arrêtée. Le détour devient un trésor à découvrir…

Et c’est là, dans ces petits riens, que j’ai vécu mes meilleures expériences imprévues et trouvé une forme de paix : celle d’être exactement là où je devais être à chaque moment, présente, vivante.

On croit souvent que la peur protège. Moi, elle m’a surtout enfermée.

Les seules choses à ne pas manquer

Aujourd’hui, si je regarde en arrière, je vois de la tendresse pour celle que j’étais, j’ai de la gratitude pour celle que j’ai libérée et de la fierté d’avoir osé.

Et si je regarde devant moi, pour une fois, ce n’est plus la peur qui se tient devant moi ! Mon voyage se termine avec des doutes :  plus de travail, pas de toit, mille inconnues. Et pourtant, pour la première fois, celle qui se tient debout sur mon chemin, c’est l’envie : celle de rester fidèle à moi-même, celle de faire que chaque jour est un plaisir de vivre intensément.

Que ce soit par toi-même ou à travers le regard des autres, sache que ce voyage solo t’amènera à chaque pas à devenir un peu plus la vraie personne que tu es déjà et que la peur n’est pas un frein, mais une alliée pour vivre la vie que tu souhaites. Tu réaliseras la force que tu portes en toi, celle que tu ne voyais pas ou que tu ne voulais pas voir.

« Tu ne manques de rien. Tout est déjà là, en toi. À tout âge, il suffit d’oser tourner la clé. »

💭 Ton tour maintenant

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