Remonter le Vietnam en solo
mon itinéraire du Mékong à la frontière chinoise

Le Vietnam, je l’ai remonté de bas en haut : partie du delta du Mékong, tout au sud, j’ai fini par franchir la frontière chinoise à pied, tout au nord.
Entre les deux : des marchés flottants au lever du soleil, un changement de plans de dernière minute qui a rebattu tout mon parcours, quelques jours partagés avec ma fille venue me rejoindre, et trois jours de moto sur le Ha Giang Loop qui restent, sans hésitation, l’un des plus beaux souvenirs de ce tour du monde.
Si tu prépares ton propre passage au Vietnam en solo, voici mon parcours complet, étape par étape, avec ce qui vaut vraiment le détour et ce qui m’a le moins convaincue.
- Le Sud : Ho Chi Minh et le delta du Mékong
- Nha Trang, la parenthèse balnéaire qui ne s’est pas passée comme prévu
- Hanoï, coup de cœur immédiat
- Ninh Binh, la baie d’Halong terrestre
- Le Centre : Hué et Hoi An
- La baie de Lan Ha depuis Cat Ba
- Sapa et les rizières en terrasses
- Le Ha Giang Loop, trois jours de moto inoubliables
- Passer la frontière chinoise, seule
Le Sud : Ho Chi Minh et le delta du Mékong
Tout commence dans le district 1, cœur battant de Ho Chi Minh, cette capital du Vietnam encore appelée Saïgon pour tout le monde, même si la ville a changé de nom en 1975. J’y arrive dans une ambiance particulière : à une semaine près, la ville s’apprête à fêter les 50 ans de la réunification du pays, et les drapeaux rouge et jaune flottent à chaque coin de rue.
La première nuit ne se fait pas vraiment en douceur. Arrivée tard à l’aéroport, sac au dos et backpack géant sur les épaules, je découvre que les Grab n’ont pas le droit de circuler dans son enceinte : il faut sortir à pied pour espérer en héler un. Un chauffeur finit par m’accoster au carrefour des motos-taxis et m’annonce pouvoir m’emmener jusqu’au centre. Me voilà donc juchée sur un scooter, un bol en guise de casque, mon sac géant sur le dos, lancée dans une circulation qui ne s’arrête jamais.
Vingt minutes de scooter à travers Ho Chi Minh de nuit, agrippée à mon sac, terrifiée de partir en arriere à chaque coup d'accélérateur. En descendant, j'avais mal aux bras et aux jambes tant j'étais tendue. Sur le coup, je n'en menais pas large. Avec le recul, c'est devenu une occasion de sourrire : ce moment où il n'y a plus d'autre choix que de faire confiance et de se laisser porter.
Le lendemain, direction le palais de la Réunification, où la queue est si interminable que je finis par renoncer à la visite — mais je repars avec un joli souvenir : une étudiante m’accoste pour me poser quelques questions sur l’événement dans le cadre d’un projet scolaire, petit moment de connexion improvisé au milieu de la foule en liesse.
La suite du tour de ville s’enchaîne naturellement à pied : la Cathédrale Notre-Dame (en travaux au moment de mon passage, donc juste entraperçue), la Poste centrale conçue par Gustave Eiffel pendant la période coloniale pour un vrai saut dans le temps, avec ses anciennes cabines téléphoniques et son comptoir en marbre. Puis l’Appartement Coffee, cet immeuble transformé où chaque étage accueille des cafés différents : je m’installe sur un balcon pour goûter à mon premier egg coffee, spécialité locale à base de jaune d’œuf battu. Une traversée en waterbus sur le fleuve Saïgon complète la journée.
Le soir, je teste la fameuse rue Bui Vien, le quartier des routards de Ho Chi Minh, réputé pour son ambiance de fête. Je m’attendais à une ambiance un peu tamisée, presque underground. En réalité, c’est tout l’inverse : néons de toutes les couleurs, bars qui s’enchaînent, quelqu’un qui t’interpelle tous les 5 mètres pour boire ou manger, musique assourdissante.
Conseil solo : si les réseaux sociaux t'ont vendu Bui Vien comme "the place to be" pour boire un verre avec les locaux, vas-y quand même pour l'expérience, mais baisse tes attentes d'un cran. C'est très éclairé, très touristique, loin de l'authenticité annoncée — sympa à traverser une soirée, pas la pépite qu'on imagine
Direction le delta du Mékong
Direction le sud-ouest, à quatre heures de bus, pour rejoindre Can Tho, porte d’entrée du delta du Mékong. C’est ma première expérience parmi une longue série de voyages en bus couchette, et celle-ci restera gravée dans ma mémoire. Enlever ses chaussures avant de monter dans le bus et voyager de jour en couchette, c’est vraiment une expérience inoubliable.
La vraie récompense arrive tôt le lendemain matin : levée avant l’aube pour embarquer sur le fleuve et rejoindre le marché flottant au lever du soleil, en compagnie d’un petit groupe de voyageurs rencontrés à mon logement. Le marché est plus modeste que sur les photos qu’on voit circuler et on comprend facilemant que les familles qui vivent sur leurs embarcations sans eau ni électricité à bord se font de plus en plus rares. Mais l’ambiance reste unique : les cargaisons accrochées en haut de longs bâtons pour se signaler de loin, le linge qui sèche, les petites embarcations qui viennent vendre café et fruits directement aux bateaux plus gros.
La matinée se poursuit sur les canaux, entre un marché terrestre haut en couleur (poissons d’un autre âge, grenouilles vivantes et déjà dépecées) et une visite d’une ferme de cacao, un joli moment simple et 100% authentique.
La
Conseil solo : n'hésite pas non plus à profiter de la vie nocturne. La capitale est aussi l'une des plus sûres de jour comme de nuit, même pour une femme seule. De quoi te mêler à la foule et rencontrer des Lituaniens ou des internationaux prêts à te faire découvrir leurs endroits préférés pour faire la fête.
Un
Vilnius abrite aussi des lieux étonnants comme la République autoproclamée d'Užupis, un quartier arty et bohème qui s'est officiellement déclaré indépendant en 1997, avec son président et son premier ministre, ses ambassadeurs, son armée et ses jours fériés. En parcourant le quartier, impossible de passer à côté de sa constitution (traduite en une trentaine de langues et affichée sur un mur de la rue Paupio). J'ai été surprise par sa simplicité, son humour et surtout le bon sens qui s'en dégage. Des phrases comme « Tout le monde a le droit d'être heureux » ou « Tout le monde a le droit d'être différent » résument finalement assez bien l'esprit libre et créatif du quartier.

Je te partage ici uniquement des lieux que j’ai testés, dans l’esprit de mes voyages : des adresses authentiques, abordables et où l’on se sent bien, même en solo.

Lokis
Cuisine traditionnelle dans un cadre superbe. Mention spéciale pour les cepelinai et le castor !
Etno Dvaras
Une adresse 100% spécialités locales à petit prix.

Sweet Love Caffe
Une déco colorée et des options végétariennes & véganes
Airomi
Des cookies addictifs![]()

Etmonų Špunka
Un bar atypique, parfait pour découvrir une autre facette de Vilnius
+++
Ou 3+, l’incontournable petit budget.

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Je mets à jour ma sélection au fil des visites.
Riga, l’élégance et l’énergie baltes
Changement d’ambiance en arrivant à Riga, réputée pour être la plus grande et la plus cosmopolite des trois capitales baltes. Pourtant, lors de ma visite, Riga était étonnamment calme. Mais si je me fie aux retours de plusieurs amis qui y ont passé plus ou moins de temps, la ville est bien plus animée, notamment le soir et pendant la belle saison.
Si tu veux voir beaucoup sans passer ton temps en transport, Riga est probablement la plus simple des trois à appréhender à pied.
La ville qui se flâne sans courir
Fondée en 1201 par l’archevêque Albert de Brême, Riga fut pendant des siècles un comptoir commercial majeur, d’abord pour les Vikings, puis pour les marchands allemands de la Hanse. Cette histoire de carrefour commercial se lit encore dans le centre historique : la cathédrale de Riga, la Maison des Têtes Noires sur la place de l’Hôtel de Ville, ou encore le Monument de la Liberté, érigé en 1935 et devenu un symbole fort de l’indépendance lettone. Mais au-delà des monuments, ce que j’ai particulièrement apprécié à Riga, c’est que tout est concentré dans un périmètre restreint : le centre-ville se visite en prenant son temps sur la journée, contrairement à d’autres capitales où on court pour voir les points d’intérêt.
La plus grande collection Art nouveau d’Europe
Cette histoire de carrefour commercial se prolonge dans l’architecture : Riga concentre la plus grande collection de bâtiments Art nouveau d’Europe, avec plus de 800 immeubles classés, principalement autour de la rue Alberta. Promène-toi dans le quartier comme dans un musée à ciel ouvert, la tête en l’air, pour profiter des façades sculptées, des visages énigmatiques et des motifs floraux démesurés.
Jurmala, l’échappée balnéaire à 30 minutes
Ce qui est appréciable avec Riga, c’est qu’on peut aussi s’en échapper facilement sans perdre de temps : à seulement 30 minutes en train, Jurmala est l’une des plus grandes stations balnéaires de la Baltique, avec 33 km de plage de sable fin et une incroyable concentration de villas en bois de style Art nouveau.
Si tu préfères rester côté ville tout en sortant des sentiers battus, le quartier de Pārdaugava, de l’autre côté de la rivière Daugava, offre une Riga complètement différente : maisons en bois, jardins fleuris, et l’imposante Bibliothèque nationale, dont les derniers étages offrent une vue gratuite sur toute la vieille ville.
Tallinn, mon coup de cœur inattendu
Dernière étape du trio, et pas la moindre : Tallinn est celle des trois capitales qui m’a le plus surprise, et j’avoue que c’est un total coup de cœur pour moi.
Si tu aimes les endroits pleins de contrastes, aucune autre capitale balte ne fait aussi bien cohabiter le carte-postale médiéval et la modernité assumée. Idéal pour faire de la photo ou passer d’un monde à un autre dans la même journée.
Le centre médiéval le mieux conservé des trois
Tallinn possède la vieille ville la plus intacte des trois capitales : ruelles pavées, remparts, tours défensives, place de l’Hôtel de Ville… le genre de décor qui donne l’impression de marcher dans un livre d’images du Moyen Âge. Depuis la colline de Toompea, où se dressent la cathédrale Alexandre-Nevsky et le château, les points de vue comme la plateforme de Kohtuotsa offrent un panorama sur les toits rouges et les flèches de la ville basse.
Sa position, à seulement 80 km d’Helsinki par ferry, lui donne aussi une identité un peu à part, avec une ambiance un peu plus scandinave que ses deux voisines.
Rotermann, Kalamaja et le marché de la gare
Mais ce qui frappe le plus, c’est le contraste : à quelques minutes à pied seulement du centre médiéval, le quartier de Rotermann fait basculer complètement de décor. D’anciennes usines et entrepôts industriels du XIXe siècle, autrefois un complexe de minoteries et de fabriques, ont été reconvertis au début des années 2000 en immeubles de bureaux et lofts ultra-modernes, tout en verre et en acier. Te voilà presque dans un petit Manhattan version balte.
À l’opposé de cette modernité, Kalamaja offre un troisième visage à la ville. Cet ancien quartier de pêcheurs (son nom signifie littéralement « la maison des poissons » en estonien) a conservé ses maisons en bois colorées, aujourd’hui investies par les artistes et une ambiance résolument bohème. C’est aussi ici que se niche Telliskivi Creative City, un ancien complexe industriel devenu le cœur artistique de Tallinn, entre street art, boutiques de créateurs et bars branchés.
Juste à côté, à deux pas de la gare, le marché Balti Jaama Turg vaut le détour : à la place d’un ancien marché de l’époque soviétique, il réunit sur trois étages près de 300 commerçants et un vaste food court où goûter la cuisine locale sans se ruiner.
Conseil solo : pour profiter des charmes et de la diversité de Tallinn, je te conseille de venir y passer au moins deux journées pleines. Profite d'une troisième journée pour faire un aller-retour à Helsinki (2h de ferry par trajet).
Kadriorg, la parenthèse verte et impériale
Un peu plus en retrait du centre, Tallinn offre un nouveau visage. Le quartier de Kadriorg, à l’est du centre, s’est construit autour d’un palais baroque commandé par le tsar Pierre le Grand pour son épouse Catherine Ire, au début du XVIIIe siècle. Le palais est surtout entouré d’un parc de 70 hectares qui vaut le détour : jardins à la française, grandes allées ombragées, et le musée d’art contemporain KUMU, l’un des plus réputés des pays baltes. Si le temps le permet, un petit détour jusqu’à la plage de Pirita, à quelques minutes à pied, complète cette parenthèse plus tranquille, entre nature et mer Baltique.
Comment relier les trois capitales
Une fois que tu sais laquelle t’attire le plus (ou que tu as décidé de faire les trois, comme moi), reste la question logistique. Contrairement à d’autres capitales européennes, il n’existe pour l’instant aucune liaison ferroviaire directe entre Vilnius, Riga et Tallinn. Deux options se partagent le terrain : le bus longue distance, très développé et confortable, et l’avion, intéressant uniquement sur le trajet le plus long des trois.
Voici comment je les ai enchaînées, dans cet ordre :
Vilnius → Tallinn, l’option avion. C’est le plus long des trois trajets (environ 530 km à vol d’oiseau), donc celui où l’avion a vraiment du sens. Air Baltic et Wizz Air assurent des vols directs, comptez 1h10 à 1h30 de vol, à partir de 17-20€ si tu réserves à l’avance. Sur ce trajet précis, l’avion reste plus rapide que le bus même une fois le temps aéroport compté.
Une fois à Tallinn, direction Riga et ici, l’avion perd tout intérêt. Tallinn → Riga en bus : les compagnies Lux Express ou Flixbus assurent plusieurs départs quotidiens, pour un trajet de 4h à 4h30, à un tarif similaire (15-25€ réservé à l’avance). Les bus sont de vrais autocars longue distance, pas des bus urbains avec un bon confort pour assurer un voyage agréable. Certains services marquent un arrêt à Pärnu, la « riviera estonienne », à mi-chemin.
Pour boucler la boucle, Riga → Vilnius en bus suit la même logique, avec les mêmes compagnies principales, pour un trajet de 4h à 4h15, 15-25€. C’est le trajet le moins fréquenté des trois par les voyageurs indépendants, ce qui est dommage : Vilnius reste la capitale balte la moins visitée, alors qu’elle n’a rien à envier aux deux autres.
Conseil solo : réserve tes billets de bus à l'avance plutôt qu'au dernier moment, les tarifs grimpent vite à l'approche du départ, et c'est un moyen de transport prisé par les locaux.
Mon bilan de voyageuse solo dans les capitales Baltes
Un voyage à faire sans risque pour une voyageuse solo, débutante comme expérimentée !
Après avoir découvert les trois capitales, je trouve qu’il serait dommage de n’en choisir qu’une seule. Elles sont proches les unes des autres et se combinent facilement dans un même voyage.
Chacune possède sa propre personnalité : Vilnius séduit par sa douceur de vivre, Riga par son architecture et son dynamisme, tandis que Tallinn m’a véritablement conquise par son atmosphère unique.
Durée idéale : si je devais te donner un seul conseil, ce serait donc de prévoir un itinéraire qui passe par les trois sur une semaine. En 7 jours tu peux profiter de ces trois capitales sans courir : 2 jours dans chacune, et une dernière journée pour Helsinki.
Visa : aucune démarche pour les Français, les trois pays sont dans l’espace Schengen, une simple carte d’identité ou un passeport valide suffit.
Budget : globalement, ces pays sont moins chers que l’Europe de l’Ouest. Vilnius reste la plus abordable et Tallinn, la plus onéreuse des trois.
Question langue, pas d’inquiétude : l’anglais est très répandu, surtout chez les jeunes générations et dans le tourisme. Quelques mots de lituanien, letton ou estonien (trois langues complètement différentes, à ne pas confondre) sont toujours appréciés, même si peu de voyageurs s’y risquent.
Pour la période, deux écoles s’affrontent selon ce que tu cherches : l’été (juin à août) pour des journées interminables et les terrasses qui ne désemplissent pas, ou décembre pour l’ambiance des marchés de Noël, réputés parmi les plus beaux d’Europe, en particulier à Tallinn et à Vilnius.
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