6 points à anticiper avant ton tour du monde solo

les questions concrètes qu’on ne se pose pas à 20 ans

Entreprendre un tour du monde solo après 40 ans, c’est une aventure différente de celle qu’on vivrait à 20 ans — pas parce qu’elle serait moins folle ou moins libre, mais parce qu’elle s’accompagne de questions très concrètes que la vingtaine ne connaît pas forcément : une santé à surveiller, une carrière à mettre en pause, une famille à rassurer à distance.

Si tu te demandes plutôt comment j’ai pris la décision de partir, ou comment gérer le regard des autres, j’en parle en détail dans Le jour où j’ai tout quitté pour voyager seule à 47 ans et dans mon article sur le regard des autres à 40 ans.

Ici, je me concentre uniquement sur le concret : ce qu’il faut anticiper avant de partir.

Si tu te demandes plutôt comment j'ai pris la décision de partir, ou comment gérer le regard des autres, j'en parle en détail dans Le jour où j'ai tout quitté pour voyager seule à 47 ans et dans mon article sur le regard des autres à 40 ans.

Définir ses objectifs pour tenir la distance

Ce n’est pas forcément évident à 20 ans de savoir précisément ce qu’on recherche dans un tel voyage. À 40 ans passés, on part généralement avec des objectifs plus définis et plus personnels et c’est même souvent l’inverse du schéma classique : ce sont mes objectifs de vie, à mon âge, qui m’ont conduite à prendre la décision de partir en tour du monde, et non l’inverse.

C’est le fruit d’un temps d’introspection qui permet de partir en sachant ce qu’on souhaite vraiment retirer de cette expérience, que ce soit en termes de développement personnel, de découvertes culturelles, ou même de réorientation professionnelle à venir. Cette réflexion en amont donne un sens profond au voyage, et permet d’en maximiser les bénéfices une fois sur la route.

Mais au-delà du sens, ces objectifs ont aussi un rôle très concret : ils te permettront de tenir le cap dans les moments où la motivation viendra à manquer, ce qui arrive presque toujours, à un moment ou un autre, sur un voyage long.


A retenir

Écris tes objectifs avant de partir, et garde-les quelque part facilement accessible (carnet, notes de téléphone). Tu pourras les relire dans les moments de doute, qui arriveront forcément à un moment du voyage. En les (re)lisant, ils te rappelleront pourquoi tu es partie.

Prendre soin de son corps, avant et pendant le voyage

Dans la préparation, encore plus après 40 ans qu’à 20 ans, la santé prend une importance accrue. Il n’est pas envisageable de partir pour un tel périple sans faire un bilan de santé complet, prévoir les traitements nécessaires si tu en as, et souscrire à une assurance santé adaptée aux voyages longue durée. Un bilan de santé complet et une assurance longue durée ne sont pas des options — c’est le socle sur lequel repose toute la suite de ta préparation, et l’une des vraies garanties que ton voyage pourra se faire, et bien se passer.

Chaque consultation te permettra d’avoir des informations précises sur la gestion des situations que tu pourrais rencontrer en voyage, ou des points de vigilance sur ton état de santé. Ne néglige pas non plus les vaccins spécifiques à tes destinations : certains demandent plusieurs semaines, voire plusieurs mois d’anticipation.

Une fois sur la route, une autre réalité s’impose : le corps à 40 ans n’a plus la même endurance qu’à 20 ans. Et alors ? Si ta forme physique ne t’empêche pas de te déplacer, il te suffit de te préparer un minimum avant le départ (un peu de renforcement musculaire et d’endurance) et de porter une attention particulière à ton rythme une fois en voyage.

En clair, il va falloir enfin t’écouter : sache planifier des moments de repos et prendre en compte tes besoins de confort et de bien-être. Cette nécessité d’un rythme adapté est aussi une réelle opportunité pour enrichir ton périple en faisant du slow travel, qui te permet une immersion et des expériences plus qualitatives que si tu enchaînais les étapes à toute vitesse.


A retenir

Un bilan de santé complet et une assurance longue durée ne doivent pas être des options. C'est le socle sur lequel repose la suite de ta préparation, et surtout ta meilleure garantie que le voyage aille jusqu'au bout, dans de bonnes conditions.

Organiser sa vie professionnelleavant le départ

Contrairement à un départ à 20 ans, un tour du monde après 40 ans implique le plus souvent de mettre en pause une carrière déjà bien installée. Cette transition doit être préparée avec minutie.

Au-delà de choisir les modalités pour te libérer de tes engagements avec ton employeur (congé sabbatique, démission…), il est important de penser avant le départ à ton retour. Ça peut sembler antinomique de penser au retour avant même d’être partie, mais ça ne l’est pas : demande-toi si, à ton retour, tu souhaites retrouver ton quotidien professionnel, changer d’entreprise, ou ne plus rien avoir à faire avec la carrière que tu t’apprêtes à quitter. Quel que soit ton choix, il te demandera d’anticiper dans ton propre intérêt.

Conseil solo : si ton employeur laisse la porte ouverte à un retour (congé sabbatique, disponibilité), fais-le confirmer par écrit avant ton dépar, ça t'évite les mauvaises surprises et ça sécurise ta décision.

Gérer les responsabilités familiales à distance

Partir seule après 40 ans ne te libère pas de toutes les responsabilités qu’une voyageuse dans la vingtaine ne connaît généralement pas encore. Même à 10 000 kilomètres, tu restes une fille et parfois une mère qui doit continuer à gérer ses responsabilités familiales.

Cela inclut, par exemple, le suivi d’un parent âgé, et le maintien des relations avec des enfants devenus de jeunes adultes. Pour assurer sereinement ces responsabilités, il est important de mettre en place des actions rassurantes, autant pour toi que pour tes proches : une communication régulière et efficace, et des solutions prévues à l’avance pour les éventuelles urgences familiales. Cette anticipation te permet de voyager avec moins de stress, et donc de mieux profiter de ton aventure.


A retenir

Prévoir un plan de communication ET un plan d'urgence familiale avant de partir, c'est ce qui te permettra de rester présente pour ta famille sans jamais renoncer à ton voyage.

Anticiper les préjugés rencontrés

Faire un tour du monde en tant que femme voyageant seule après 40 ans, c’est devoir composer avec des préjugés à deux moments bien différents.

Le premier survient souvent avant même d’avoir posé un pied hors de chez toi : c’est l’entourage qui s’inquiète, qui questionne, ou qui balaie ta décision d’un « tu fais ta crise de la quarantaine » un peu moqueur. Ce type de remarque, aussi anodine soit-elle en apparence, peut sérieusement ébranler ta confiance si tu n’y es pas préparée.

Le second t’attend une fois sur place, avec des personnes que tu ne connais pas : habitants, hôteliers, autres voyageurs. Dans certaines cultures, l’étonnement (voire la méfiance) qu’une femme « de ton âge » voyage seule peut se traduire par des questions insistantes, un logeur qui s’inquiète pour toi, ou des regards qui en disent long.

Dans les deux cas, ce n’est pas systématique et ça ne doit surtout pas te dissuader. Mais il est important d’être alignée avec toi-même et de te préparer à ces situations, plutôt que de les découvrir sur le moment, prise au dépourvu. Cette expérience peut même devenir, à sa manière, l’occasion de briser certains stéréotypes et d’inspirer d’autres femmes à oser l’aventure, quel que soit leur âge.

Conseil solo : prépare-toi quelques réponses simples et assumées à l'avance, valables aussi bien pour ton entourage que pour les inconnus croisés en route (« je voyage seule et j'aime ça », « oui, sans mari, sans problème »). Les avoir déjà en tête t'évite de chercher tes mots sur le moment, et te permet de rester sereine face à des remarques qui, la plupart du temps, en disent bien plus sur qui les fait que sur toi.

Se préparer aux imprévus

Avec l’âge vient souvent une meilleure capacité à gérer le stress et les situations imprévues. En tant que voyageuse quadra j’ai dû faire face à de nombreux défis dans mon quotidien (perte d’emploi, divorce, …). Toutes ces épreuves m’ont permis d’en tirer des outils précieux pour m’adapter aux aléas d’un voyage. Et dans certaines situations, il est certain qu’à 20 ans avec ma timidité sous le bras je n’aurai pas su gérer mon anxiété.

Comme la fois où ma CB ne marchait pas pour prendre ma location de voiture. Alors bien entendu, j’étais en stress car ne pas louer de véhicule remettait en cause une bonne partie de mon voyage. Cependant, avec l’âge et un esprit de persuasion que j’ai acquis dans le temps, j’ai pu récupérer le véhicule contre une caution de 50€ en liquide et en plus, j’ai eu une voiture de classe supérieure !

CB refusée en turquie

Dans la catégorie imprévus, je me souviens de mon premier séjour à l'étranger en solo où j'avais prévu de faire un road trip et donc louer une voiture. Sauf qu'arrivée sur place (et un peu au milieu de nulle part), ma carte bancaire ne marchait pas pour prendre le véhicule. J'étais en stress, car ne pas louer de véhicule remettait en cause une bonne partie de mon voyage. Cependant, avec l'âge et un esprit de persuasion que j'ai acquis avec le temps, j'ai pu récupérer le véhicule contre une caution de 50€ en liquide et, en plus, j'ai eu une voiture de classe supérieure !


A retenir

Ton expérience de vie est un vrai atout logistique en voyage, pas seulement un atout émotionnel. Elle te permet souvent de trouver des solutions là où une voyageuse plus jeune resterait bloquée..

Un tour du monde solo après 40 ans reste avant tout une aventure extraordinaire. Les quelques défis logistiques qu’on vient de voir ne sont pas des obstacles à l’aventure, ce sont simplement les questions à se poser en amont pour partir plus sereine, et donc mieux profiter une fois sur la route.

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