Voyage solo en Thaïlande du Nord
2 Semaines au pays du sourire
Sawasdee veut dire bonjour en thaïlandais, et c’est le premier chapitre de mon tour du monde : direction un voyage solo en Thaïlande du Nord.
Il y a quinze ans, c’est le sud de la Thaïlande que je découvrais, avec ses îles et plages paradisiaques et ses eaux riches d’une faune et flore colorées. C’était à une époque où le tourisme y était plus confidentiel.
Mais depuis, l’histoire a changé, et j’ai décidé de revenir ici, pour un voyage solo que je voulais « libérateur ». Cette destination a été mûrement réfléchie, tout sauf un hasard : c’est le dernier voyage que j’ai fait à deux, et c’est le premier de mon aventure en tour du monde solo et sac à dos.
Avoir fait ce choix en première étape, c’était d’abord la garantie d’une destination safe pour la voyageuse solo que je suis. C’est aussi le réconfort de retrouver un lieu qui me semble familier — en tout cas, c’est le sentiment que j’entretiens avec sa capitale, Bangkok.
C'est aussi un lieu symbolique, de renouveau : la clôture d'un long chapitre de vingt ans de ma vie pour ouvrir un nouveau livre, où mes blessures du passé ne feront plus mal, mais ne seront plus que de petites traces oubliées sur la peau.
2 semaines solo dans le Nord : villes et étapes clés
Mon voyage a formé une boucle où j’ai souhaité me concentrer sur l’histoire et le calme des villes du Nord : Bangkok, Chiang Mai, Chiang Rai, Sukhothaï et Ayutthaya.
Je te partage ici mes coups de cœur généraux, mais si tu veux en savoir plus sur chaque ville, j’ai écrit des articles détaillés.
Bangkok, l’effervescente
Arrivée depuis Paris, la Thaïlande, c’est démarrer par poser ses deux pieds ici. J’avais gardé un souvenir de bruits, de tuk-tuks et de câbles électriques. Je les ai retrouvés presque à l’identique à mon arrivée, avec soulagement, je t’avoue. Me revoilà dans une ville bouillonnante de vie, contrastée par le calme et la sérénité de ses temples.
Chiang Mai et Chiang Rai, la culture du Nord
Impossible de faire l’impasse sur ces deux destinations. Certains de leurs temples, bien différents des classiques d’Asie, suscitent la curiosité, même s’ils ont été construits principalement dans un souci d’esthétique et de markéting.
C’est aussi dans ces provinces qu’on se rapproche du triangle d’or, région connue autrefois pour sa production d’opium, et surtout point de confluence entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie.inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce n’est pas forcément une destination prisée des touristes backpackers. Pourtant, la sérénité de ces pierres centenaires donne un sentiment d’apaisement total. On se retrouve plongé au coeur d’un parc de temples et la balade, à vélo, se fait sous le regard bienveillant des Bouddhas.
À son apogée, dans les années 1970, cette région assurait jusqu'à 70% de l'approvisionnement mondial en héroïne. Le tournant est venu du roi Bhumibol lui-même, qui a lancé dès 1969 un programme de cultures de substitution pour les agriculteurs de la région. Aujourd'hui, ces mêmes montagnes produisent l'un des cafés les plus réputés de Thaïlande, le Doi Chaang.
L’un des temples les plus marquants que j’ai visités dans cette région, le Wat Phra That Doi Suthep, doit lui aussi son emplacement à une légende enseignée à tous les écoliers de Chiang Mai que je te partage dans mon article dédié.
Sukhothaï, l’héritage historique
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce n’est pas forcément une destination prisée des backpackers. Pourtant, la sérénité de ces pierres centenaires donne un sentiment d’apaisement total. On se retrouve plongé au cœur d’un parc de temples, et la balade à vélo se fait sous le regard bienveillant des Bouddhas.
Ayutthaya, l’ancienne capitale
Là aussi, on y vient pour ses vestiges, avec la particularité d’une tête de Bouddha prise dans les racines d’un arbre — symbole de la nature plus forte que le temps, et de la persistance du spirituel sur le matériel.
Une des principales attractions et la tête de bouddha prise dans l'écorce d'un arbre. Cette image, remonte au saccage d'Ayutthaya par l'armée birmane en 1767. Les envahisseurs décapitèrent de nombreuses statues du complexe du Wat Mahathat. L'une des têtes serait tombée au pied d'un figuier des pagodes, dont les racines l'ont lentement enveloppée au fil des décennies, jusqu'à l'étreinte que l'on peut admirer aujourd'hui.
Malgré la saveur de la soupe bateau, à ne surtout pas manquer, ce n’est pas le lieu que j’ai préféré dans ce séjour. L’héritage du passé n’est pas dans le meilleur état de conservation : j’ai eu plus l’impression de voir des cailloux que des temples, avec des explications posées sur l’herbe, mais interdiction d’y marcher… donc interdiction de les lire !
C’est aussi la ville dans laquelle je me suis sentie le moins à l’aise. D’abord par l’exploitation des éléphants, qui trimballent les touristes entre bitume et voitures. Un vrai choc car je pensais que ce type de pratique n’existait plus. J’y ai aussi ressenti de l’insécurité liée aux chiens errants et agressifs, dans des rues totalement désertes : un point à ne pas négliger pour une voyageuse solo.
Mon coup de coeur du voyage.
Imaginez-vous au coucher du soleil, assis sur l'herbe. La fraîcheur de la nuit arrive après une journée sous un soleil de plomb. Une assiette de nouilles Sukhothaï sur les genoux, des lanternes qui s'allument aux coins des temples, une douce lumière monte en même temps que le ciel s'obscurcie et de la musique accompagne ce spectacle hors du temps.
Transports en Thaïlande : Train de Nuit, Bus et Vols Low Cost
Traverser l’Asie en voyage solo, c’est parcourir de longues distances comparé à notre petit pays. Mais la Thaïlande dispose d’un réseau de transport très développé : bus, train ou avion interne, les déplacements sont simples pour un coût très raisonnable. Au final, il suffit de choisir le temps que l’on veut y consacrer !

- Le train de Nuit pour l’expérience : pour environ 20€ le trajet, j’ai relié Bangkok à Chiang Mai, et c’est une expérience à faire absolument. Plutôt confortable malgré le dortoir ouvert, c’est un pur régal de se réveiller au petit matin en même temps qu’un soleil encore timide, qui joue à se cacher entre les arbres d’une végétation d’un vert pur et dense.
- Le vol interne pour la rapidité : pas envie de passer de longues heures en bus ? Tu peux faire le choix d’un vol low-cost, dans de très bonnes conditions. Je l’ai expérimenté pour faire Chiang Rai – Bangkok. À 37€, bagage en soute inclus, mon bilan carbone en a pris un coup, mais le tarif, pour un petit budget pressé, reste déconcertant.
- Le bus pour la simplicité : le réseau est hyper développé et simple à utiliser pour aller partout, même en dernière minute. Avec des trajets à 13€ (Bangkok – Sukhothaï) ou 17€ (Sukhothaï – Ayutthaya), se déplacer en solo est d’une simplicité appréciable.
En ville, les déplacements sont faciles en tuk-tuk que tu interpelles dans la rue. N’oublie pas de demander le prix avant de monter. ça te permet d’évaluer si le prix de la course est raisonnable et surtout d’éviter les mauvaises surprises à l’arrivée.
L’application Grab, l’équivalent d’Uber est un allié précieux, en particulier à Phnom Penh et Siem Reap. Il vous offre un tarif fixe, un vrai plus pour la tranquillité d’esprit en solo, surtout en soirée.
Hébergement Solo en Thaïlande : un large choix pour tous les budgets
Je n’ai rien contre les auberges de jeunesse à 3€ la nuit bien sûr, mais l’idée de me retrouver en dortoir, ça non. Donc, dans mon budget quotidien de 50€, 15€ sont alloués à une chambre seule avec en impératif être en centre-ville et avoir une note supérieure à 8 sur les plateformes de réservation.
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Mission possible : C’est tout à fait possible de tenir ce budget pour se loger et le plus souvent même pour beaucoup moins cher, en chambre individuelle !
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Les surprises : J’ai eu de très belles surprises : un étage entier pour moi et un vélo à disposition chez Sano Houes à Sukhothai, un standing inattendu à l’hôtel Bangkok Saran Posthel, en plein cœur de ville, un accueil sans pareil au Baanslip Hotel de Chiang Rai.
Bien entendu, les prestations ne sont pas les mêmes partout, tout comme nos standards. Pour moi, la propreté fait parti des incontournables et dans l’ensemble, la Thaïlande offre un excellent rapport qualité-prix pour les voyageurs solo.
Quotidien et activités : bienvenue aux petits budgets
Question gastronomie
Se régaler à petit prix, c’est le quotidien ici, pour un plat entre 2€ et 5€. J’ai la chance d’avoir une constitution plutôt résistante, mais comme dans tous mes voyages, j’applique deux principes simples : sur les marchés, je choisis un stand où il y a du monde et la cuisine est propre, au restaurant ou boui-boui du coin le plus souvent, je vais là où les locaux vont, le meilleur moyen de découvrir la cuisine authentique du coin, même sans comprendre la liste des ingrédients de la recette choisie !
Au long de mon séjour, j’ai goûté à pas mal de soupes. Celles dont mes papilles se souviennent encore sont :
La soupe bateau
spécialité d’Ayutthaya, vendues directement depuis des barques, sur les canaux de la ville. Les vendeuses préparaient tout à bord et servaient des portions minuscules pour éviter que la soupe ne déborde en naviguant, d’où la tradition des petits bols que l’on déguste souvent plusieurs à la suite.
Le Khao Soi
une autre soupe emblématique du nord du pays, mêlant nouilles croustillantes et bouillon au curry doux, symbole d’un héritage entre cuisine thaïe et influences birmanes.
La soupe Tom Yum
un délice épicé et acidulé, à base de citronnelle, galanga, feuilles de combava, piment, citron vert, nuoc-mâm et coriandre.
Il y a aussi tous ces plats uniques dont le nom m’échappe : pas toujours facile de retenir des noms écrits en thaï, quand la carte n’est pas traduite. Mais voyager, c’est avant tout découvrir ! Alors n’hésite pas à tester, à te laisser surprendre par des goûts, textures et produits inconnus. Et si tu n’aimes pas, personne ne te force à finir ton assiette !
Côté activités et culture :
Ce pays est riche de culture et de lieux qui ne laissent pas indifférent. Participer à une visite en groupe est très simple, abordable, et permet de rencontrer d’autres voyageurs de toutes nationalités. Garde juste en tête que la plupart des tours sont en anglais — même sans tout comprendre, le trajet et les entrées simplifiées suffisent à rentabiliser l’expérience.
Un autre de mes passe-temps préférés est la déambulation. Souvent, je me fixe un lieu, puis je vais voir autour, je rentre par un autre itinéraire. Et je dois le dire : même avec un GPS, j’ai un sens très développé pour me perdre.
Mais dans un pays comme la Thaïlande, ce n’est vraiment pas un souci. C’est surtout l’occasion d’assister à des scènes de vie insoupçonnées, comme à Chiang Rai, où en plein cœur d’un marché de nuit, un groupe de musique faisait danser les Thaïlandais réunis en rond, concentrés sur une chorégraphie répétée par tous. Une activité ancrée dans le quotidien de la population, et qui ne coûte rien !
Mon bilan de voyageuse solo en Thaïlande
Mon avis sur ce voyage solo en Thaïlande
Quelles que soient les destinations parcourues, et à n’importe quel moment de vie, un voyage ne laisse pas indifférent et c’est encore plus vrai pour un pays comme la Thaïlande.
Je n’ai pas aimé
On doit se fixer des limites en tant que touriste (si tu préfères le terme voyageur, pas de problème, le sujet reste le même). C’est un pays où, en tant qu’Européenne, on peut vraiment se faire plaisir — autant d’un point de vue gustatif, avec des soupes aux saveurs incroyables, qu’en activités, avec des massages de qualité à des prix défiant toute concurrence.
Même s’il est de bon ton de marchander, je veux quand même attirer l’attention sur un phénomène très déplaisant : notre comportement, à nous, touristes. Et c’est bien ça que j’ai le moins aimé dans ce séjour.
Combien de fois ai-je vu des gens arriver en terrain conquis, souvent des hommes torse nu, parler fort sans le moindre respect pour l'entourage, sur un ton arrogant ou moqueur, comme si les quelques billets en poche suffisaient à se croire tout permis ? Il y a aussi cette volonté de marchander dans la démesure, avec agressivité, pour un objet qui coûterait 20 fois le prix chez nous.
Alors si tu y vas, garde aussi en tête que les gens ici doivent pouvoir vivre décemment de leur travail.
J’ai adoré
La chaleur des sourires, la gentillesse sans attendre la réciprocité, l’envie de partager : autant de traits caractéristiques d’une population dont on pourrait s’inspirer au quotidien.
Il y a aussi ces temples, lieux d’introspection et de respect. Même sans y aller pour ça, on se met facilement dans une posture de recueillement et de réflexion — et cela a été d’autant plus vrai pour moi, dans les temples où le murmure des touristes laissait place aux prières des moines. Dans ces moments-là, s’installe une forme de paix intérieure.
Et comme je te le disais en introduction, ma venue ici était motivée par le démarrage d’un nouveau chemin, que j’ai entamé avec un Sak Yant pour m’accompagner sur ce parcours : déposer le passé, qui représente souvent un poids lourd pour nos petites épaules, déjà chargées par notre sac à dos.
Infos pratiques pour préparer ton voyage solo en Thaïlande
Visa
⚠️ Ce point a changé récemment, vérifie-le bien avant de réserver. Depuis juillet 2024, les ressortissants français bénéficiaient d’une exemption de séjour de 60 jours sans visa. Mais le gouvernement thaïlandais est revenu sur cette mesure : après une première annonce en mai 2026, une version révisée du 14 juillet 2026 confirme que la France (comme 58 autres pays) repasse à une exemption de 30 jours, prolongeable une fois de 30 jours sur place (soit 60 jours maximum au total). Une carte d’arrivée digitale (TDAC) doit être renseignée en ligne dans les 72 heures précédant l’arrivée, et ton passeport doit rester valide au moins 6 mois après la date d’entrée. Vérifie toujours les conditions à jour sur le site du ministère des Affaires étrangères avant de partir — ces règles ont déjà changé deux fois en deux ans.
Sécurité
8/10 en termes de sécurité pour une femme qui voyage seule en Thaïlande. Il est possible de se promener aisément et librement, même le soir (et comme partout, mieux vaut rester vigilante). Les deux points faibles : les chiens errants, et le sentiment d’insécurité que j’ai ressenti, notamment à Ayutthaya.
Le petit +
Les classiques 7-Eleven que l’on trouve partout, avec quelques incontournables pour boire de l’eau fraîche ou grignoter un croque-monsieur ou un fondant au chocolat.
Expérience
Le Sak Yant, ou tatouage sacré, est un rituel ancestral bouddhiste originaire de Thaïlande, transmis de maître à disciple. Réalisé à la main, il ne s'agit pas d'un simple motif décoratif, mais d'une bénédiction : à travers ton histoire et tes aspirations, le maître tatoueur choisit le motif, où chaque symbole porte une signification spirituelle et protectrice.
Ce moment de tatouage, je l'ai vecu comme un cadeau. Celui que je me faisais a moi meme mais surtout celui que je recevais : la protection et le confirmation que tout allait bien se passer maintenant.
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