Voyager seule au Cambodge
3 semaines entre histoire profonde et îles sauvages
Battambang : Le charme colonial et le « Cambodge profond ». Deuxième plus grande ville du pays, elle est souvent oubliée des tours classiques. Ce qui surprend d’abord, c’est l’effervescente : ici, traverser relève d’une épreuve des JO dans un flot continu de véhicules en tout genre. Mais passé ce tumulte, on découvre, à pied ou à vélo, une ville qui a conservé la mémoire de son histoire. Des vestiges de son passé colonial français aux temples qui servirent de prisons du temps des Khmers rouges, son atmosphère provinciale en font une étape de caractère.
Je continue mon périple dans ce tour du monde. Voyager seule au Cambodge, c’est plonger dans un pays à la fois fascinant, contrasté et résolument humain.
Après la douceur de la Thaïlande, j’y ai trouvé un mélange de sérénité, de chaos et de résilience. Et tout a commencé par une épreuve symbolique : le passage de la frontière terrestre.
Passer la frontière Thaïlande – Cambodge : mon baptême du feu
Avant d’atteindre les mythiques temples d’Angkor Wat, il a fallu passer la frontière terrestre depuis la Thaïlande. Grande première pour moi, et certainement pas la dernière de ce tour du monde solo qui ne fait que débuter !
En tant que voyageuse solo, un petit stress s’installe. Les questions se bousculent aussi évidentes qu’insensées : Comment trouver la bonne file ? Vont-ils refuser mon passage ?
Pour affronter cette « épreuve », et surtout m’apaiser, j’ai opté pour un trajet organisé de Bangkok à Battambang avec un service d’aide au passage de la frontière pour 10 $. J’ai cédé à la tranquillité d’esprit : il n’y a qu’a remplir une fiche et c’est eux qui gèrent toutes les formalités pour toi.
Arrivée à la frontière, mon « service VIP », appelons ça comme ça, m’évite les files d’attente. Je patiente sur un chaise, et j’attends… mais quoi au juste ? A vrai dire, je n’en ai pas la moindre idée. La seule chose que je sait c’est que mon passeport se ballade sans moi dans les services. Et oui, aussi fou que ça puisse paraître, je sortirais avec toutes les formalités sans avoir vu aucun agent !
Avec cette expérience, je me suis rendue compte que j’avais fait une montagne de pas grand chose. Pour les prochains passages de frontière, je ferai les démarches moi-même pour éviter une dépense inutile.
Conseil solo : la situation à la frontière a évolué depuis mon passage. Depuis le 23 juin 2025, quelques semaines après mon passage, les postes-frontières terrestres entre la Thaïlande et le Cambodge, dont Poipet, sont totalement fermés en raison du conflit frontalier entre les deux pays, et cette fermeture était toujours maintenue au printemps 2026, tant que l’accord de cessez-le-feu n’est pas pleinement respecté. Ce n’est donc plus seulement une question de visa compliqué : le passage terrestre peut être tout simplement impossible. Avant de partir, vérifie impérativement la situation sur le site du ministère des Affaires étrangères et prévois l’avion (Phnom Penh ou Siem Reap ont des aéroports internationaux) comme option de repli si la frontière reste fermée.
Mon itinéraire de voyage solo au Cambodge : 7 étapes du nord au sud
La frontière franchie, les premières routes cambodgiennes s’offrent à moi.
Et là, changement d’ambiance radical : circulation à contre-sens, absence de feux, scooters surchargés, voix supplémentaires qui n’existent pas… Un joyeux chaos qui révèle un pays plein de contrastes que j’apprendrai à aimer – et parfois à détester – tout au long de mes trois semaines d’exploration.
Mon itinéraire de trois semaines en voyage solo suit une logique nord-sud pour mêler histoire, nature et authenticité : Battambang, Siem Reap, Phnom Penh, Kratie, Kep, Kampot et Koh Rong Samloem.

Je te partage ici mes coups de cœur, mais si tu veux en savoir plus sur chaque ville, tu retrouveras le détail dans les articles dédiés.
Battambang, le charme colonial et le Cambodge profond
Deuxième plus grande ville du pays, elle est souvent oubliée des tours classiques. Ce qui surprend d’abord, c’est l’effervescence : ici, traverser la rue relève d’une épreuve olympique dans un flot continu de véhicules en tout genre. Mais passé ce tumulte, on découvre, à pied ou à vélo, une ville qui a conservé la mémoire de son histoire. Des vestiges de son passé colonial français aux temples qui servirent de prisons du temps des Khmers rouges, son atmosphère provinciale en fait une étape de caractère et authentique.
Siem Reap, la porte d’Angkor, au-delà de Pub Street
C’est le passage obligé pour visiter les temples d’Angkor. Mais la ville a aussi des atouts qui méritent qu’on y passe un peu de temps, au-delà de Pub Street, où bars et musique à fond s’enchaînent. Si comme moi, en tant que voyageuse seule, tu n’es pas adepte de ce type d’endroit, sache qu’il existe un peu plus loin une ville plus authentique à apprécier.
Mon coup de coeur du voyage.
Les temples d’Angkor Wat, sont à mes yeux une des merveilles du monde même si officiellement le site n’a pas rejoint ce cercle très privé.
Alors, j’ai décidé de prendre mon temps pour découvrir les lieux avec deux jours plein en excursion de groupe et un jour en solo à vélo où j’ai pu à mon rythme découvrir ou redécouvrir des endroits sans la foule des tours opérateurs. Un pur moment de bonheur !
Phnom Penh, la capitale au cœur battant
La capitale m’a laissée avec des sentiments mitigés avec des monuments m’ont parfois semblé aseptisés et figés. Mais cette ville sait aussi provoquer l’émotion. D’abord avec les vestiges de la période sombre des Khmers rouges, ensuite par l’âme de ses habitants qui perpétuent des traditions (fabrication des nouilles, tissage de la soie). Surtout, ce qui m’a le plus marquée, c’est le week-end : se promener en fin de journée sur les berges du Mékong fermées à la circulation, se mêler à la foule pour déguster des spécialités (jusqu’à la mygale, si tu es courageuse !) ou juste observer, est un vrai régal.
Kratie, une étape en demi-teinte où la conscience a pris le dessus
Je suis venue pour les dauphins de l’Irrawaddy… et je suis repartie sans les voir.
Face aux prix élevés et à la fragilité de cette espèce (moins de 90 individus restants), j’ai préféré m’abstenir à la dernière minute. C’est sans doute une goutte d’eau, mais j’ai refusé d’entretenir ce qui pèse sur l’environnement.
J’ai alors exploré à vélo l’île voisine de Koh Trong, sans regret.
Kep, la douceur de vivre et le royaume du crabe
Me voilà dans un village de pêcheurs, ayant pour emblème un crabe. Ancienne station balnéaire coloniale, la ville est bordée par les eaux chaudes du golfe de Thaïlande, où la douceur de vivre est une réalité. L’ambiance y est reposante, et le marché au crabe ou les jolies plages de l’île au Lapin valent le déplacement.
Kampot, le poivre d’or et la montagne oubliée
C’est en préparant mon voyage que j’ai découvert que Kampot est célèbre pour son poivre rouge, l’un des plus appréciés – et des plus chers – au monde. Au-delà de ses plaines verdoyantes, c’est aussi le point de départ pour l’ascension de Bokor Hill Station, l’un des plus hauts points du pays.
L’anecdote : le poivre de Kampot est le tout premier produit agricole cambodgien à avoir obtenu une Indication Géographique Protégée (IGP) en 2010. Un label qui protège son appellation au même titre que le Piment d’Espelette en France. Il fait partie d’un club très fermé de trois poivres au monde à détenir cette certification.
Koh Rong Samloem, le havre de paix qui se mérite
Pas d’accès direct, peu d’infrastructures… mais un paradis brut. Sur cette île sauvage, la déconnexion est totale. Les journées s’étirent entre baignades, hamacs et silences salés. Une parenthèse rare et régénératrice.
- Se déplacer seule au Cambodge
Pour les longues distances, le bus et le minivan sont les moyens les plus développés et les plus utilisés. J’ai systématiquement privilégié les déplacements de jour : le pays n’est pas très grand, et rouler de jour permet d’apprécier les paysages tout en évitant le stress d’une arrivée tardive en solo. Bonne nouvelle, les routes principales sont goudronnées et globalement bien entretenues, même si je garde le souvenir d’un trajet peu agréable entre Sihanoukville et Phnom Penh. Les bus sont plutôt confortables, même si toutes les compagnies ne se valent pas.
Quant aux autres modes de transport :
- Le train : oublie ce réseau extrêmement limité, entre confort rudimentaire et lenteur décourageante.
- L’avion : vec seulement trois aéroports internationaux principaux (Phnom Penh, Siem Reap et Sihanoukville), il n’apporte pas grand-chose, à moins d’être très pressée, tu manqueras surtout les paysages de ce pays attachant.
- Le bateau : une option intéressante si tu as du temps et que l’aventure prime avant tout. La rivière Sangkae, entre Battambang et Siem Reap, en est le meilleur exemple. Je ne l’ai pas fait moi-même, mais les voyageurs qui m’en ont parlé ont été conquis par l’immersion, malgré un confort plus que rudimentaire.
En ville, les déplacements sont faciles en tuk-tuk, que tu interpelles directement dans la rue. N’oublie pas de négocier le prix de la course avant de monter à bord, histoire d’éviter les mauvaises surprises à l’arrivée. L’application Grab, l’équivalent local d’Uber, est aussi un allié précieux, en particulier dans les grandes villes.
Hébergement Solo au Cambodge : mes adresses coup de coeur
Comme pour tous les pays d’Asie, l’offre d’hébergement est assez généreuse, même sur des destinations qui s’écartent un peu des itinéraires classiques. Avec un budget maximum de 15€, en chambre individuelle et en centre-ville, tu n’auras pas trop de mal à trouver. Sur les îles en revanche, si toi fait le choix de l’aventure, genre Robinson, prépare-toi à du plus rudimentaire pour ce tarif.
- Mission possible : Pour avoir quelque chose de convenable selon mes critères, il était difficile d’aller en dessous de ce budget et j’ai dû faire aussi quelques concessions comme des douches communes qui m’ont rappelé mon époque internat !
- Les coups de coeur : n restant au plus proche de mon budget, la première place revient à The Community à Siem Reap — des prestations impeccables, à quelques blocs des temples et du centre-ville. Juste derrière, Captain Chim’s à Kep (accueil chaleureux, vélo à disposition) et Sleeping Trees à Koh Rong Samloem (accessible après un petit trek d’une heure, plage paradisiaque, équipe frenchy adorable). Enfin, à Phnom Penh, arrête-toi à Bliss&Beats Hostel pour son emplacement idéal.
Siem Reap, la porte d’Angkor, au-delà de Pub Street
C’est le passage obligé pour visiter les temples d’Angkor. Mais la ville a aussi des atouts qui méritent qu’on y passe un peu de temps, au-delà de Pub Street, où bars et musique à fond s’enchaînent. Si comme moi, en tant que voyageuse seule, tu n’es pas adepte de ce type d’endroit, sache qu’il existe un peu plus loin une ville plus authentique à apprécier.
Le Cambodge dans l’assiette
Si tu aimes découvrir de nouvelles saveurs, tu vas être servie, et à petit prix : au restaurant, un plat et une boisson te coûteront le plus souvent entre 5 et 9€. Et c’est encore plus économique en te restaurant 100% local, sur les marchés ou dans les échoppes où se retrouvent les habitants.
Certaines spécialités m’ont plus marquée que d’autres, voici celles à ne pas manquer :
Le amok : véritable plat national, voici un curry de poisson cuit à la vapeur avec du lait de coco, de la citronnelle, du galanga et des épices, le tout servi traditionnellement dans une feuille de bananier. Le meilleur de mon séjour : celui au poisson de Coconut Lyly à Battambang ! -
Du crabe à toutes les sauces : que ce soit au marché au crabe, grillés avec un peu de sel et poivre ou en plat plus travaillé, impossible de passer à côté ! Une bonne adresse pour un plat authentique et savoureux : le restaurant Magic Crab à Kep.

- Le bœuf lok lak, une institution locale : ce plat de bœuf mariné est aujourd’hui le résultat d’influences françaises, chinoises et vietnamiennes. Pour l’un des meilleurs du pays, direction Amok Khmer Cuisine à Siem Reap, ou Phnom Penh Three Rivers Restaurant dans la capitale.
- Un coup de cœur insulaire, pas vraiment local mais dont mes papilles se souviennent encore : à Koh Rong Samloem, sur Sunset Beach, chez Sunboo, la pizza gorgonzola – poivre vert de Kampot est un délice inattendu.
Souvent, les meilleures trouvailles se font par hasard. Alors, pour clore le chapitre papilles et régalade, j’ai eu deux coups de coeur inattendu à Phnom Penh : Paris Baguette, tombée dessus un matin où j’avais un petit coup de moins bien (oui, ça arrive même en train de vivre sa meilleure vie !) : les odeurs de viennoiseries et un feuilleté de croissant parfait m’ont offert une pause petit-déj bien frenchy et réconfortante. Et Eleven One Kitchen-BKK1, à côté de l’auberge Bliss&Beats : un discret jardin hyper cosy, une cuisine typique et raffinée, un très bon moment en perspective.
Mémoire, artisanat et nature : les autres visages du pays
Histoire et mémoire
Impossible de passer à côté des nombreux temples du pays, et surtout du complexe d’Angkor Wat. Mais d’autres sites marquent l’histoire de ce pays, en particulier ceux retraçant la partie sombre des années 70 et la prise de pouvoir des Khmers Rouges, présents dans tout le pays. À Phnom Penh, la prison S-21 (Tuol Sleng) et les Killing Fields de Choeung Ek rappellent les épreuves endurées et la force de résilience de ce peuple.
Artisanat et Savoir-Faire
Pour une immersion complète dans le savoir-faire local, ne manque pas la visite d’une usine ou d’un atelier de soie. La région de Siem Reap est idéale pour ça, notamment avec la Ferme de la Soie d’Angkor (Angkor Silk Farm), ou l’île de Koh Dach près de Phnom Penh, où des fermes familiales perpétuent les traditions d’élevage du ver à soie et de tissage.
Nature et aventure
Salines, plantations de poivre, mangroves… le Cambodge est une terre d’émerveillement. Tu peux aussi vivre des expériences incroyables, comme à Koh Rong Samloem, avec une sortie en kayak à la nuit tombée pour observer le plancton bioluminescent, l’un des moments les plus inoubliables d’un voyage.
Maintenant que tu en sais un peu plus sur ce parcours au Cambodge, je te propose de découvrir prochainement les villes et les endroits spectaculaires que j’ai parcourus, depuis les temples d’Angkor, aux plages de sable blanc de Kho Rong Samloem dans mes articles par ville.
De mon côté, je continue ma route solo pour une destination dont tout le monde parle et qui semble trop parfaite pour être vrai ! Tu as trouvé laquelle ?
💭 Et toi,
comment s’est passé ton séjour au Cambodge ?
Second pays de mon tour du monde, le Cambodge a su me monter ce que la résilience d’un peuple voulait dire. Et toi, quel Cambodge as-tu vécu au cours de ton séjour ?
Mon bilan de voyageuse solo au Cambodge
Infos pratiques pour préparer ton voyage solo au Cambodge
Visa
Il est obligatoire pour entrer dans le pays. Délivré pour 30 jours, renouvelable une fois pour 30 jours supplémentaires. La demande se fait via le formulaire e-Visa : il te suffira de présenter le QR code généré après avoir complété l’intégralité du formulaire sur l’application Cambodia e-Arrival.
Argent et ATM
Le dollar américain circule autant que le riel cambodgien, et la plupart des prix touristiques (hébergement, transport longue distance) sont directement affichés en dollars. Les distributeurs sont présents dans toutes les villes moyennes et grandes, mais peuvent se faire plus rares sur les îles comme Koh Rong Samloem où il vaut mieux prévoir du liquide avant d’embarquer.
Sécurité
L’Asie est une destination très sécuritaire et le Cambodge ne fait pas exception. C’est un 9/10 en termes de sécurité pour une femme qui voyage seule : il est possible de se promener aisément à pied ou à vélo, même le soir (avec un minimum de vigilance comme partout).
Le petit +
Dans ce pays, j’ai fait beaucoup de vélo. Les hôtels en mettent souvent à disposition, ou tu peux en louer très facilement. Prends quand même le temps de vérifier les pneus et les freins avant de partir à l’aventure !
Mon avis sur ce voyage solo au Cambodge
Quelles que soient les destinations parcourues, et à n’importe quel moment de vie, un voyage ne laisse pas indifférent et c’est encore plus vrai pour un pays comme le Cambodge.
Je n’ai pas aimé
Je m’accommode de beaucoup de choses en règle générale, mais c’est l’un des rares pays où j’ai trouvé que les déchets n’étaient absolument pas traités. On me l’a confirmé à plusieurs reprises sur place : un manque évident de volonté politique, combiné à une population encore trop peu sensibilisée. Les rues touristiques commencent à être mieux gérées, mais l’état des lieux est frappant dès qu’on s’en éloigne.
Je dois aussi avouer que je n’ai pas eu le feeling, et ça me fait un peu culpabiliser. Je ne peux pas nier les sourires, les bonjours des enfants ravis de te voir passer, la bienveillance dans chaque échange. Mais pour une raison que je ne saurais pas vraiment expliquer, j’ai eu l’impression diffuse de ne pas être totalement à l’aise ici. C’est très personnel, et j’ai malgré tout passé des moments merveilleux, avec des rencontres de femmes aussi incroyables qu’attachantes.
J’ai adoré
La diversité des lieux, chacun avec ses spécificités et ses spécialités, témoin d’une grande richesse culturelle. J’ai été très sensible à cette volonté de préserver des savoir-faire parfois ancestraux, avec un grand respect pour les traditions et le travail des anciens. Et les paysages, aussi variés que somptueux, ont été un vrai régal pour les yeux du début à la fin.
Le Cambodge m’a montré ce que la résilience d’un peuple voulait dire. C’est une émotion unique.
Maintenant que tu en sais un peu plus sur ce parcours au Cambodge, je te propose de découvrir prochainement les villes et les endroits spectaculaires que j’ai parcourus, des temples d’Angkor aux plages de sable blanc de Koh Rong Samloem, dans mes articles par ville.
De mon côté, je continue ma route solo vers une destination dont tout le monde parle et qui semble trop parfaite pour être vraie ! Tu as trouvé laquelle ?
💭 Et pour toi, quel est le plus bel endroit du Cambodge ?
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Le amok

